San­té men­tale, puffs, ges­tion du stress : dis­cuter, entre ados

27 mai 2025

Peer­Pow­er ren­force la san­té men­tale des jeunes en Suisse grâce à des ate­liers, des dis­cus­sions et des échanges entre pairs dans le cadre des pro­jets Mid­night­Sports.

L’équipe de coach­es du Peer­Pow­er vis­ite les pro­jets Mid­night vau­dois et fri­bour­geois deux fois par année pour y pro­pos­er des activ­ités, ani­ma­tions, inci­ta­tions, par­cours sen­soriels ain­si qu’un espace de dis­cus­sion per­me­t­tant d’aborder les thé­ma­tiques qui préoc­cu­pent actuelle­ment les jeunes. Ce pro­gramme entend ren­forcer les com­pé­tences psy­choso­ciales des ados et jeunes adultes, offrir un sou­tien entre pairs et inciter les jeunes à adopter des com­porte­ments béné­fiques à leur san­té. Après 20 vis­ites dans les can­tons de Vaud et Fri­bourg, l’heure est au bilan.

« Les coach­es Peer­Pow­er sont un relai, une écoute, et par­fois même une ami­tié d’une soirée. Elles et ils répon­dent aux ques­tions des jeunes, les sen­si­bilisent autour des enjeux san­i­taires, enga­gent la dis­cus­sion et surtout, stim­u­lent leurs intérêts pour les enjeux socio-san­i­taires. Ain­si, les coach­es Peer­Pow­er ouvrent une brèche dans les réflex­ions des jeunes en les faisant réfléchir à leur san­té, leurs pra­tiques quo­ti­di­ennes et les enjeux soci­aux, à tra­vers des échanges dynamiques et des activ­ités sportives. » C’est ain­si que Dritë, 20 ans et coach Peer­Pow­er, décrit ce pro­jet de pro­mo­tion de la san­té par les pairs.

Au sein du Peer­Pow­er romand, elles et ils sont 11 jeunes adultes, âgé·e·s de 20 à 27 ans. Cette équipe a béné­fi­cié de divers mod­ules de for­ma­tion en pro­mo­tion de la san­té, avec un focus sur la san­té men­tale des ados. L’acquisition de con­nais­sances néces­saires à la com­préhen­sion et au ren­force­ment des com­pé­tences psy­choso­ciales des jeunes, à l’animation de groupes de parole et à la pro­mo­tion de la san­té men­tale, mais aus­si sexuelle, est essen­tielle pour leur per­me­t­tre d’adopter une pos­ture adéquate pour abor­der les nom­breuses ques­tions qui préoc­cu­pent actuelle­ment les jeunes. Grâce à l’approche par­tic­i­pa­tive, l’équipe Peer­Pow­er co-con­stru­it avec des spé­cial­istes du domaine leurs pro­pres for­ma­tions ain­si que les activ­ités déployées dans les pro­jets, pour les faire cor­re­spon­dre à leurs besoins et à ceux de leurs pairs.

Pour quel résul­tat ?

Les sta­tis­tiques de cette sai­son sont très encour­ageants :

  • 20 : nom­bre de soirées Mid­night où le Peer­Pow­er romand était présent ;
  • 504 : nom­bre de jeunes ayant par­ticipé aux activ­ités pro­posées ;
  • 50% : part des participant·e·s présent·e·s au Mid­night ayant par­ticipé aux activ­ités du Peer­Pow­er.

Les résul­tats du sondage auprès des équipes de coach­es des pro­jets vis­ités sont eux aus­si posi­tifs : seules 2% des per­son­nes sondées ont estimé que l’intervention du Peer­Pow­er n’était pas per­ti­nente au sein de leur pro­jet ; 43% ont indiqué que cette inter­ven­tion leur avait per­mis de pren­dre con­science de leurs habi­tudes et 27% ont affir­mé que cela les a motivé·e·s à vouloir chang­er cer­taines habi­tudes. Enfin, 25% esti­ment avoir, à la suite de l’intervention, déjà changé ces habi­tudes. 

Une ving­taine de participant·e·s ont égale­ment accep­té de répon­dre à quelques ques­tions. Plus de 90% affir­ment avoir appré­cié les activ­ités et les échanges avec l’équipe et avoir pris con­science de leurs habi­tudes. A nou­veau, un pour­cent­age non nég­lige­able (28,6%) affirme avoir changé leurs habi­tudes, alors que 67% affir­ment vouloir les chang­er. Enfin, 80% affir­ment être en con­fi­ance avec les coach­es Peer­Pow­er pour abor­der les thé­ma­tiques qui les préoc­cu­pent. 

Cela se remar­que égale­ment dans la liste des sujets abor­dés lors de ces soirées. En voici un extrait : 

  • Les puffs, le tabac, la con­so, l’alcool
  • Les rela­tions amoureuses, ami­cales, famil­iales
  • Les choix pro­fes­sion­nels et l’après CO
  • Les con­flits, la vio­lence (ver­bale, physique, psy­chologique)
  • La ges­tion du stress et des émo­tions
  • La sex­u­al­ité
  • L’intégration sociale et la mix­ité cul­turelle
  • Les iné­gal­ités et les stéréo­types de genre
  • L’estime de soi, la con­fi­ance
  • La com­para­i­son sociale
  • La com­mu­ni­ca­tion, les réseaux soci­aux, les fake news
  • Le sport
  • Le har­cèle­ment, le sui­cide
  • Les trou­bles ali­men­taires
  • Le trou­ble de l’attention
  • Le besoin d’aide, la san­té men­tale, le sui­cide. 

Selon François, l’un des coach­es Peer­Pow­er « la plus grande valeur ajoutée de Peer­Pow­er réside dans la rela­tion entre les ados et les coach­es. Mis à part leur dif­férence d’âge, rien ne les dif­féren­cie. Les coach­es ne jouent aucun rôle d’autorité, mais visent à créer un cli­mat de con­fi­ance où les ados se sen­tent libres d’exprimer leurs idées et leurs émo­tions ».

Per­spec­tives

Le pro­gramme a été éten­du au Tessin, où neuf adolescent·e·s de 14 à 18 ans accompagné·e·s par un jeune adulte for­ment l’équipe Peer­Pow­er régionale. Cette pre­mière sai­son a été con­sacrée à leur for­ma­tion ain­si qu’à des inter­ven­tions auprès de cinq équipes de coach­es du can­ton. Les retours sont très posi­tifs puisque la qua­si-total­ité des coach­es ont estimé qu’il était impor­tant que des dis­cus­sions sur la san­té men­tale aient lieu entre pairs, et que 89% ont affir­mé qu’elles et ils utilis­eraient les con­nais­sances et les com­pé­tences acquis­es dans leur pra­tique de coach ou dans d’autres con­textes. En Suisse romande, ce pro­jet con­tin­uera dès l’automne 2025, tou­jours dans les can­tons de Vaud et de Fri­bourg.