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Le  Programme Coaches s’adapte et passe « en mode digital »

22/03/2021

L’offre annuelle des formations destinées aux équipes encadrantes, aux seniorcoaches et aux chef·fe·s de projet constitue une partie importante du Programme Coaches d’IdéeSport. A cause de la pandémie de coronavirus, une partie de ces formations ont dû être données en ligne. A travers les interviews d’Elena Pedrazzini-Scozzari et de Valentine Mancuso, vous découvrirez comment on est arrivé à ce mode de fonctionnement et ce qui a contribué au succès de la première formation virtuelle, donnée à plus de 100 participant·e·s.

Elena Pedrazzini-Scozzari est coordinatrice de projet au sein de la Fondation IdéeSport depuis 2016. Depuis quelques années, elle s’occupe également du Programme Coaches en qualité de responsable de formation pour la Suisse italienne.

Comment as-tu vécu ton rôle de responsable de formation pour la Suisse italienne dans une période caractérisée par de nombreuses restrictions et incertitudes ? Quelles ont été les défis principaux et les priorités ?

La période a été très intense à tous les niveaux, d’un point de vue purement organisationnel et opérationnel, comme émotionnel. Il a fallu prendre des décisions dans un délai très court, en tenant compte à la fois des directives fédérales et cantonales mais aussi des exigences et des sensibilités des équipes encadrantes, de l’équipe des formateur·trice·s et enfin de la ligne générale adoptée par la Fondation. Le défi principal a été et est toujours de réussir à offrir des moments d’échanges et de formations continues aux contenus adaptés aux besoins actuels, malgré les restrictions en vigueur.
Une autre grande priorité de mon point de vue, était de souligner les besoins des jeunes coaches en termes de bien-être personnel et de développement face à l’éventualité d’une fermeture préventive des cours. Il était important pour moi de poursuivre l’offre de formation et de la maintenir le plus possible en présentiel. Les jeunes ont besoin de repères et les formations leur permettent de consolider les relations, elles les soutiennent dans leurs parcours. Pour certaines formations, lors de certaines d’activités, la présence physique reste essentielle.

L’adage « faire de nécessité vertu » est plus que jamais d’actualité : si la pandémie nous a posé de nombreux défis, elle nous a également permis de réévaluer certains aspects de la vie, de développer de nouveaux intérêts et de nouvelles façons d’interagir. A ton avis, quels ont été les aspects positifs dans le domaine de la formation ?

Les aspects positifs concernent tant les méthodes de formation que les contenus. Lorsqu’il n’a plus été possible d’organiser les formations d’équipes dans les salles de sport, nous nous sommes organisé·e·s pour proposer des cours en ligne. En plus du partage d’expériences concernant l’utilisation des plateformes en ligne, nous avons développé des activités spéciales avec les formateur·trice·s sur l’impact de la situation sanitaire sur les jeunes (les changements, les sentiments et les responsabilités) et sur les besoins en tant qu’équipe dans la salle de sport, ainsi que sur l’amélioration de leur bien-être, par exemple avec des exercices sur l’identité personnelle et les ressources qu’ils et elles peuvent activer. Le bilan est très positif : lors de ces cours en ligne, les formateur·trice·s ont constaté le besoin énorme des jeunes de raconter leur histoire et de se revoir. Ils et elles ont également perçu leur besoin de rationaliser la situation actuelle, d’évaluer ensemble les aspects positifs de la pandémie en termes de connaissance de soi ou de solidarité et de se réorienter pour le futur, en réfléchissant également à la manière de rester en contact avec les participant·e·s des projets. Les formations d’équipes en ligne ont donc été très appréciées, grâce aussi à la compétence des formateur·trice·s qui, de par leur sensibilité et leur expertise, ont su impliquer tout le monde de la bonne manière. Les équipes de projet se confirment dans leur rôle de modèle (et comme un élément de réconfort ou de renforcement) pour les jeunes coaches, d’autant plus dans une situation compliquée, comme celle que nous vivons actuellement.

En décembre, la formation annuelle pour les seniorcoaches et les chef·fe·s de projet de la Suisse italienne a été incertaine jusqu’au bout. En fin de compte, les nouvelles restrictions annoncées ont rendu le passage en ligne obligé. Comment l’organisation du cours a-t-elle été gérée dans cette situation ?

La formation pour les seniorcoaches et les chef·fe·s de projet constitue un élément important du programme annuel de formation. Il permet d’approfondir les questions relatives à la gestion de la dynamique de groupe, à la prévention et à la participation, mais aussi de favoriser l’échange d’expériences. L’idée de l’annuler était difficile à concevoir pour moi. Étant donné l’incertitude qui régnait en octobre et en novembre, jusqu’au dernier moment, j’ai organisé à la fois la formation en présentiel et préparé une variante en ligne.
Avec certaines des organisations invitées à animer des ateliers – comme Amnesty, la Croix-Rouge et ATGABBES – il s’agissait de notre première collaboration dans le domaine de la formation, mais j’ai immédiatement senti un intérêt commun. Les formateur·trice·s ont été informé·e·s et impliqué·e·s dans la préparation du modèle « en ligne ». Une formatrice a notamment partagé ses connaissances approfondies en matière de cours en ligne et de techniques spécifiques pouvant faciliter la participation du groupe. Par la suite, toutes et tous ont travaillé à rendre leurs ateliers dynamiques et à proposer des activités variées et stimulantes.

La formation, qui a duré une journée, a été suivi par 100 seniorcoaches et chef·fe·s de projet. Quels ont été les plus grands défis ?

Le plus grand défi a été d’apprendre rapidement les fonctionnalités d’une plateforme d’échange en ligne afin de pouvoir créer des salles virtuelles correspondant au programme de formation défini. La formation a impliqué à la fois des moments communs et des moments avec quatre ateliers en parallèle avec des formateur·trice·s de différentes institutions. Une fois ces espaces créés, le défi suivant a été d’assurer une communication claire et univoque auprès des participant·e·s, permettant à chacun·e d’avoir accès uniquement aux ateliers qu’ils ou elles avaient choisis. Je me souviens des derniers jours de préparation, lorsque je devais créer et copier les accès dans les invitations, pour ensuite les partager avec les différents groupes, ainsi qu’avec les formateur·trice·s, les touches de mon clavier chauffaient !

Quels ont été les retours des participant·e·s ? En es-tu satisfaite ?

Malgré le partage par écran interposé, j’ai perçu pendant ces journées un grand enthousiasme et une grande implication de leur part. Selon l’évaluation réalisée à la fin du cours, la plupart des participant·e·s étaient très satisfait·e·s ! Pour certain·e·s. il était difficile de rester sur l’écran pendant toute la journée, mais beaucoup disent avoir découvert de nouveaux outils et avoir acquis de nouvelles connaissances pour gérer certaines situations, concernant la participation de personnes issues de l’immigration par exemple ou de personnes avec handicap, ou encore sur l’épanouissement personnel et le genre. Il aurait certainement été plus agréable d’organiser ces journées en direct et de profiter des échanges interpersonnels dans des espaces adaptés, mais je suis très heureuse que nous ayons pu offrir ces moments formateurs. À l’exception d’un petit pépin, la gestion technique a bien fonctionné et les discussions dans les ateliers ont été très stimulantes. Nous avons ensuite conclu la formation par un moment commun avec Clowns Sans Frontières et avec un jeu improvisé nous avons apporté un sourire d’un écran à l’autre… pour finir par un rire contagieux, c’était un moment très émouvant !

Si la prochaine formation destinée aux seniorcoaches et aux chef·fe·s de projet devait avoir lieu en présentiel, y a-t-il des aspects de l’expérience que vous avez vécue en décembre dernier que tu souhaiterais maintenir et répéter ?

Certains aspects positifs des cours en ligne m’ont fait réfléchir. Certain·e·s seniorcoaches ont en effet déclaré avoir participé plus activement à cette formation (par rapport à un cours en présentiel), car l’écran les encourageait à s’exprimer et certains ateliers, ou la salle virtuelle en binôme, leur offraient une plus grande intimité pour partager des expériences personnelles. Je pense donc que pour les prochains cours en présentiel, nous pouvons réfléchir à des options qui permettent de répondre à ce type de besoins. En outre, l’utilisation de plateformes virtuelles présente des avantages qui peuvent être combinés avec la formation en présentiel, par exemple pour faire participer les personnes qui sont chez elles en quarantaine ou pour entrer en contact avec d’éventuel·le·s invité·e·s et organisations à l’étranger. A terme, il s’agit aussi de profiter des outils de partage d’éléments numériques (tels que des photos, des liens, etc.) ou d’enquêtes instantanées et de tout ce que permettent les applications virtuelles.

Valentine Mancuso est maman de deux enfants de six et quatre ans. Depuis l’automne 2016, elle est cheffe de projet de l’OpenSunday Lugano Molina Nuovo et depuis novembre 2019, elle occupe la même position au sein du MidnightSports Lugano.

Valentine_Mancuso

En décembre dernier, tu as participé à la formation annuelle pour les seniorcoaches et les chef·fe·s de projet de Suisse italienne, où vous avez l’occasion d’explorer des thèmes spécifiques en lien avec le travail avec les enfants et les jeunes et de renforcer vos compétences professionnelles et personnelles. Parmi les modules proposés, lequel as-tu choisi et pourquoi ?

J’ai choisi le module « Responsabilité et développement personnel », dans lequel nous nous sommes concentré·e·s sur nous-mêmes, notre rôle dans les projets et nos besoins en tant que professionnel·le·s et individus ; nous avons également approfondi les bases de l’empathie et acquis des compétences qui peuvent être utiles dans diverses situations de vie.
Ces dernières années, mon choix s’est souvent porté sur des sujets qui me permettaient de mieux aborder les problèmes auxquels mon équipe et moi-même étions confronté·e·s, mais je trouve essentiel de travailler sur soi-même pour évoluer professionnellement et m’améliorer. En décembre dernier, lors de la sélection du module, j’ai donc opté pour un thème qui me permettrait de réfléchir sur ma personne et de regarder à l’intérieur de moi-même. Je suis une perfectionniste et il m’est difficile de ne pas tout contrôler. Avec la pandémie, le sentiment d’incertitude a considérablement augmenté pour tout le monde et beaucoup de choses échappent à notre contrôle. Pouvoir travailler sur cette difficulté pour moi et recevoir des stimuli utiles a été très important, j’en ai ressenti le besoin.
Je suis heureuse de participer à ces formations et je suis toujours désolée lorsqu’un·e membre de mon équipe ne peut pas être présent·e. Des formations comme celle-ci nous permettent d’approfondir des sujets intéressants et des phénomènes récents comme la cyber intimidation. En bref, on ne cesse jamais d’apprendre !

La formation se déroulait en ligne et consistait en deux blocs d’environ 2 heures, l’un le matin et l’autre l’après-midi, qui couvraient le sujet choisi. En outre, deux moments ont été communs à tous les participant·e·s. Au cours de cette journée de formation, quels ont été les aspects les plus difficiles pour toi et ceux qui t’ont apporté le plus de satisfaction ?

Personnellement, la composante relationnelle et sociale m’a un peu manqué. Les années précédentes, la journée de formation était toujours caractérisée par une grande convivialité et de nombreux échanges, même informels, comme lors du repas, avec les autres chef·fe·s de projets de projet·s et seniorcoaches. C’est un aspect que j’apprécie beaucoup et qui est positif pour moi. En décembre dernier, l’interaction était plutôt bonne, compte tenu de la situation, mais bien sûr limitée par le mode en ligne, surtout dans les moments communs. Cependant, il existe des solutions pour permettre à de petits groupes de personnes d’interagir et de discuter sur un sujet : dans les modules, les formateur·trice·s ont utilisé la possibilité de créer des « salles virtuelles » séparées. Ce n’est pas tout à fait la même chose que de se voir en personne, mais cela aide certainement.
Un autre aspect à prendre en compte est que la personnalité individuelle joue un rôle important : je suis très sociable et ouverte, parler via un ordinateur ne me pose pas de problèmes particuliers, alors que d’autres personnes peuvent avoir plus de difficultés.
J’ai été très satisfaite du module que j’ai choisi : le contenu portait sur un sujet important pour moi et répondait à mes besoins. Au cours de la journée, lors d’un des moments en commun, nous avons été initié·e·s à la clown-thérapie ; c’est une pratique très intéressante et je suis heureuse de la décision de la responsable de la formation d’inclure cette proposition dans le programme. Je trouve agréable que nous puissions aussi voir des réalités différentes des nôtres et qui œuvrent comme nous pour apporter joie et sérénité.

Quelle a été ton impression à la fin de la journée ? As-tu remarqué des différences par rapport au cours en présentiel ?

Les seules différences que j’ai remarquées dans la formation en ligne sont le fait de ne pas avoir à se rendre sur le lieu de la formation et la moindre possibilité d’interaction sociale. C’était un véritable défi et j’étais fatiguée à la fin de la journée, mais je suis globalement très satisfaite. J’ai également pu mieux m’organiser en ce qui concerne la garde de mes enfants : le matin, je suivais la formation depuis la maison de ma mère, tandis que l’après-midi, mon mari faisait des activités avec les enfants à l’extérieur de la maison. Cela m’a permis de me consacrer entièrement à la formation, sans interruption.

As-tu des observations supplémentaires à partager ?

J’espère quand même que la prochaine formation pour les seniorcoaches et chef·fe·s de projet pourra être dispensée en présentiel. C’est une préférence personnelle – j’aime rencontrer les collègues et leur parler en personne !

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